
Derrière ce titre un peu provocateur se cache une vraie question : où sont les femmes de la gastronomie dans les médias ?
Bien sûr, certaines figures fortes occupent déjà l’espace : Hélène Darroze, Stéphanie Le Quellec ou encore quelques autres grandes cheffes. Mais au-delà de ces personnalités reconnues, les femmes semblent souvent plus discrètes.
Discrètes… ou rendues discrètes ?
Pendant longtemps, la place des femmes en cuisine a été pensée ainsi :
toi tu feras les desserts, toi tu t’occuperas des entrées. Comme si la cuisine professionnelle restait un territoire masculin, et que certaines tâches étaient naturellement attribuées aux femmes.
La difficulté d’être une femme en cuisine
Hélène Darroze l’avait évoqué il y a quelques années : certaines femmes choisissent parfois de ne pas faire carrière en cuisine tant les contraintes peuvent être fortes.
Le rythme du métier, les horaires, la pression du service… Dans une société où la charge familiale repose encore souvent sur les femmes, être mère et être cheffe reste parfois difficile à concilier.
D’autres, au contraire, décident d’y aller pleinement et de transformer la cuisine de l’intérieur.
C’est le cas de Manon Fleury, qui défend une vision différente de la brigade : une cuisine où l’on ne crie pas, où le respect devient une valeur centrale. Une autre manière de penser le travail en cuisine.
Mais la visibilité a aussi un prix. Lors de son passage à la télévision, la cheffe a été la cible d’une véritable vague de critiques virilistes : attaques sur les réseaux sociaux, commentaires agressifs, notes de restaurant dégradées en ligne.
Car être une femme en cuisine était déjà difficile… mais être une femme visible en cuisine l’est encore davantage.
Des apparitions encore timides
Dans les médias, la présence des femmes en cuisine progresse, mais lentement.
Des émissions comme Top Chef ont fait le choix d’intégrer des cheffes dans leurs jurys, avec notamment Hélène Darroze ou Stéphanie Le Quellec. Un pas important vers plus de visibilité.
Mais en dehors de ces figures médiatiques, les femmes restent souvent plus en retrait.
Sur les réseaux sociaux, par exemple, les chefs hommes n’hésitent pas à afficher leurs résidences, leurs événements, leurs collaborations. Ils racontent leur parcours, montrent leurs réussites.
Les femmes, elles, semblent parfois moins enclines à occuper cet espace médiatique.
Par choix ? Par pudeur ? Ou parce que pendant longtemps, on leur a appris que la discrétion était leur place ?
Une nouvelle génération qui change la donne
Pourtant, les choses évoluent.
Une nouvelle génération de cheffes, de pâtissières, de vigneronnes et d’artisanes commence à prendre davantage la parole. On pense à Nina Métayer par exemple ou Manon Fleury qu’on a déjà cité. Elles racontent leur métier, leur vision de la cuisine et leurs parcours.
Pas pour opposer les femmes aux hommes.
Mais pour rappeler que la gastronomie se construit aussi au féminin.
Et que derrière chaque assiette, il y a une voix, une histoire et une manière d’habiter la cuisine.
